Mathon Cédric

Psychologue pour adulte
Cédric Mathon, psychologue à Alès

Le soutien à la parentalité


Le psychologue est souvent amené à accompagner le désarroi de parents – et à la souffrance des enfants – confrontés à des difficultés éducatives. Le thérapeute peut alors aider à l'expression des difficultés, à la compréhension des enjeux et à la mise en place de pratiques nouvelles.

« Monsieur le psychologue, mon enfant ne veut pas m'écouter. » Ou encore « mon enfant ne veut pas obéir et ne cesse de faire des caprices. » Ces différents troubles oppositionnels sont des motifs récurrents de consultation. Il est alors bien souvent demandé au psychologue de recevoir l'enfant-problème qui est alors indéniablement un motif de tensions au sein de la famille et du couple tout autant qu'un facteur d'épuisement.

A mon sens, le psychologue doit alors avant tout travailler à restaurer l'assurance des parents dans la démarche éducative souvent perçue comme étant en échec. Il s'agit de redonner sens et valeur à leur place, à leur rôle à travers une démarche éducative à questionner et bien souvent à réinventer.

Du reste, l'expression d'une difficulté relationnelle (dans la relation parent-enfant) peut aussi laisser penser à l'existence de difficultés sous-jacentes plus complexes. L'expression de cette difficulté doit alors être envisagée par le psychologue comme une clef d'entrée pour appréhender une problématique plus large que cette demande. Nous entretenons notre voiture, notre chaudière,… Et notre couple ? Hélas, bien souvent, le couple consulte quant il prend conscience qu’il est en crise. Libido en panne, changement dans les comportements (surinvestissement du travail, addiction,…).

La notion de limites

« Mon enfant a besoin de limites, il me faut lui fixer des règles. » La limite apparaît bien souvent dans la consultation comme la panacée. L'alpha et l'oméga de la démarche éducative face à l'enfant-problème. Solution simple à un problème complexe tant il conviendrait en amont de s'assurer que ces notions d'enfant-problème, d'enfant difficile, de caprice et surtout de limites soient bien partagés entre parents et accessoirement avec l'enfant lui-même... A mon sens, l'enfant problème est d'abord l'expression de parents en difficultés... Des lors, pas certain que recevoir l'enfant soit le plus pertinent...

Par ailleurs, si les règles ont souvent pour but de donner des repères à l'enfant et de le sécuriser, elles expriment tout autant la manifestation de l'autorité des parents, Mais elles expriment bien plus que cela. Elles sont à leur façon l'expression bien souvent du vécu du parent-enfant lui même.

Car l'acte d'éduquer renvoie nécessairement à sa propre éducation. Elle se structure pour partie en opposition ou en imitation. Les références en matière éducative seront donc différentes pour chacun et seront, pour partie, l'expression de l'histoire familiale, avec ses bonheurs et ses souffrances.

On peut alors comprendre que le soutien parental devra questionner ces représentations, ces vécus. Le psychologue constate souvent que les problèmes exprimés s'enrichissent de perspectives nouvelles lorsque l'on amène les parents à s'ouvrir sur leur propre vécu. A fortiori, ce travail est d'autant plus pertinent si ce vécu a été vécu comme difficile ou encore si le parent-enfant a été confronté à des échecs, de la violence ou tout autres souffrances.

La communication parentale

Cette différence de vécu pouvant affecter la conception de la démarche éducative n'est pour autant rarement conscience. Le couple semble ainsi souvent s'accorder sur la démarche globale sans pour autant percevoir des différences de motivation. Perçue comme commune, la démarche éducative n'est ainsi que bien rarement questionnée et souffre bien souvent d'une communication efficace.

Pourtant, bien qu'il s'agisse là d'un lieu commun, il apparaît primordial que les deux parents soient capables d'échanger entre eux afin de s'accorder et ainsi proposer à l'enfant une cohérence éducative. Il sera ainsi toujours utile de rappeler qu'il peut être très problématique de contredire face à l'enfant l'autre parent. Un soutien indéfectible sera toujours plus structurant, ce qui n’empêche pas de discuter a posteriori et loin de l'enfant d'une éventuelle discordance. Il ne s'agit donc pas d'accepter et de renoncer à ses valeurs, conceptions... Le désaccord doit seulement s'exprimer dans le cadre adapté. A cet égard, comme une sorte de médiation, le psychologue peut accompagner les parents de ce travail de réappropriation et de partage.

Une autorité remise en question perd de sa légitimité et l'enfant sera rapidement se glisser dans cette brèche éducative entre les parents afin d'en tirer son avantage.

Les besoins éducatifs de l'enfant

Si les parents parlent souvent de limites, de cadrage et donc de restriction, il convient à mon sens de valoriser davantage la notion d'appui. Ce qui est alors perçu comme limitant devient alors structurant. Question de point de vue donc. Mais aussi de conception éducative. Il ne s'agit pas de restreindre, mais de canaliser, de diriger vers. Et donc de soutenir l'élan de l'enfant.

A cet égard, toute éducation apparaît des lors comme un acte d’amour. La démarche éducative concourt activement à la construction de l'enfant. Acte de soutien, elle offre à l'enfant la possibilité de contenir sa vie psychique. Démarche sécurisante, elle lui apporte un cadre d'apaisement, de respect de soi et des autres. Dans sa vie quotidienne, les interdits le protègent. Ils le rassurent en lui définissant une place. En cela, le premier besoin éducatif de l'enfant est certainement d'être rassurés.

Sans limite, l'enfant-roi devrait alors faire face à des apprentissages douloureux liés aux renoncements qu'imposent toute vie en communauté. En lui offrant un cadre patient et bienveillant ou peuvent s'exercer ses apprentissages, l'enfant va expérimenter dans un premier temps les limites parentales. Commence un long cheminement vers ces apprentissages fondamentaux (on ne tape pas, dire merci, s'excuser...). Grace au soutien de ses parents, l'enfant va faire l'apprentissage de la frustration. Sous la bienveillance de ses parents, cette expérience sera vécue moins difficilement. Il apprendra également à l'investir dans d'autre domaines, à la transformer. Le jeu prendra alors une place importante pour apprendre à jouer (dans le dessin par exemple) la colère plutôt que de la vivre.

En l'absence de ce soutien bienveillant, en l'absence de ce cadrage aidant, l'enfant va devoir tracer sa propre expérience. Et c'est la porte ouverte aux turbulences, aux essais,... aux bêtises pour trouver par lui même les limites. Mais même les limites posées, l'enfant va tout de même s'efforcer de les tester, d'en vérifier la solidité et à travers elles la solidité parentale afin de se garantir un appui pérenne.

Le non parental.

Dire « non » à son enfant n’apparaît donc pas nécessairement comme une limitation. Ce « non » apparaît comme une réponse nécessaire à l'enfant. Le « non » va l'aider à définir les limites de son action, lui éviter l'apprentissage des dangers (ne pas traverser sans regarder,...) et les interdits sociaux pour favoriser son intégration futures. Ces garde-fous ouvre un espace sécurisé dans lequel l'enfant peut s'épanouir.

Mais ce « non » gagne a être intégrant. Il doit apparaître comme juste et soutenue par une démarche d'explication. Sans quoi ce « non » risque de devenir un enjeu de dépassement pour l'enfant. Pour forcer l'explication, pour forcer l'appui. Par l'intégration de ces interdits. Par ce « non », l'enfant en évolution va progressivement parvenir à se dire « non » à lui même. C'est en cela l’acquisition de son autonomie car l'enfant apprend à se sécuriser lui même.

Le psychologue qui accueille une demande d'appui va donc chercher à engager une discussion sur les enjeux entre parents et enfants, entre les parents, et entre le parent et son vécu.





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